Loi Climat et Résilience : comment anticiper les futures interdictions de louer en 2026 et au-delà
Loi Climat et Résilience : comment anticiper les futures interdictions de louer en 2026 et au-delà

Comprendre la loi Climat et Résilience : ce qui change pour les bailleurs

La loi Climat et Résilience va profondément transformer le marché locatif français dans les prochaines années. Au cœur de cette mutation : la performance énergétique des logements, mesurée via le Diagnostic de performance énergétique (DPE).

Un logement est aujourd’hui classé de A (très performant) à G (très énergivore). Les biens notés F et G sont surnommés “passoires énergétiques” : ce sont eux qui sont directement dans le viseur du législateur.

La grande nouveauté de la loi Climat et Résilience, c’est de lier le droit de louer à la performance énergétique du bien. À partir de certaines dates, un logement trop énergivore ne pourra tout simplement plus être proposé à la location longue durée, car il ne sera plus considéré comme “décent” au sens légal.

Autrement dit, si vous êtes propriétaire bailleur et que votre bien est mal classé au DPE, vous risquez à terme une interdiction de louer. D’où l’urgence d’anticiper dès maintenant, surtout si vous investissez pour du revenu locatif à long terme ou en préparation de votre retraite.

Les grandes échéances : ce qui vous attend en 2025, 2028, 2034 et après

La loi prévoit un calendrier progressif, qui laisse du temps pour agir… à condition de ne pas attendre le dernier moment.

Voici les dates clés à retenir pour les interdictions de louer (hors spécificités locales, notamment en zones tropicales ou Outre-mer où des adaptations peuvent exister) :

  • Depuis 2023 :

    Les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an (les pires “G+”) ne peuvent déjà plus être proposés à la location. De plus, impossibilité d’augmenter le loyer pour les DPE F et G dans la plupart des cas (baux renouvelés ou reloués).

  • À partir de 2025 :

    Interdiction de louer les logements classés G. Concrètement, si votre bien reste en G après les éventuels travaux, il ne pourra plus être mis en location nue ou meublée classique (hors cas très particuliers).

  • À partir de 2028 :

    Les logements classés F seront à leur tour frappés d’une interdiction de louer. Les passoires “un peu moins pires” devront donc impérativement être rénovées pour rester sur le marché locatif.

  • À partir de 2034 :

    Les logements classés E ne pourront plus non plus être mis en location. À ce stade, seuls les biens classés de A à D seront considérés comme décents pour la location longue durée.

Le message est clair : la location de biens énergivores est en voie de disparition programmée. Plus votre bien est mal classé, plus la date butoir arrive vite.

Pourquoi ces interdictions peuvent bouleverser votre stratégie patrimoniale

Ces nouvelles règles ne sont pas un simple détail administratif. Elles peuvent remettre en cause la rentabilité – voire la viabilité – de tout un projet d’investissement immobilier s’il a été bâti autour d’un bien énergivore.

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Les impacts principaux pour le bailleur :

  • Perte potentielle de revenus locatifs si votre logement devient illégal à la location et que vous n’avez pas anticipé de travaux.
  • Diminution de la valeur de revente d’un bien mal classé au DPE, les acheteurs intégrant désormais le coût des rénovations dans leur négociation.
  • Obligation de financer des travaux parfois lourds (isolation, menuiseries, systèmes de climatisation ou de chauffage plus performants, production d’eau chaude plus efficace…).
  • Risque juridique si vous continuez à louer un bien non conforme à la décence énergétique : contestation du bail, baisse de loyer imposée, impossibilité de révision, contentieux potentiels.

Pour un investisseur, cela signifie qu’il ne suffit plus de regarder le rendement brut et l’emplacement : la performance énergétique devient un critère stratégique aussi important que la localisation.

À moyen terme, on assiste déjà à une forme de recomposition du marché : les biens très énergivores se bradent, tandis que les logements performants ou facilement rénovables prennent de la valeur.

Anticiper au lieu de subir : les premières actions à lancer dès maintenant

La bonne nouvelle, c’est que les investisseurs qui anticipent ont une longueur d’avance et peuvent transformer cette contrainte en opportunité. Voici les premières étapes à enclencher.

  • Faire réaliser (ou actualiser) le DPE de vos biens

    Sans DPE fiable, vous avancez dans le brouillard. Demandez un diagnostic récent, réalisé avec la dernière réglementation en vigueur. C’est la base pour établir un plan d’action chiffré.

  • Identifier les travaux à plus fort impact énergétique

    Isolation des toitures et combles, ventilation, menuiseries extérieures, systèmes de climatisation ou de rafraîchissement adaptés aux climats chauds, chauffe-eau performants, énergie solaire… Ce sont souvent quelques postes bien ciblés qui font basculer un DPE de G/F à E/D.

  • Établir un budget et un calendrier réaliste

    Vous n’êtes pas obligé de tout faire en une fois, mais reporter systématiquement les travaux vous expose à un effet ciseau : plus de location, mais des charges qui continuent de courir. Mieux vaut planifier une montée en gamme progressive.

  • Explorer les aides financières disponibles

    MaPrimeRénov’, éco-prêt à taux zéro, aides locales, dispositifs spécifiques aux territoires ultramarins… Une partie du coût peut être amortie grâce aux aides publiques et à la fiscalité, en particulier sur des projets structurés d’investissement locatif.

  • Arbitrer : rénover, vendre ou réorienter l’usage

    Pour certains biens, la rénovation lourde n’est pas toujours la meilleure option. Il peut être plus pertinent de vendre pour réinvestir dans un logement plus performant, ou de basculer vers un autre modèle d’exploitation (location saisonnière, colocation, résidence de tourisme, etc.) lorsque le cadre réglementaire local le permet.

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Zones tropicales et Outre-mer : risques spécifiques, mais aussi belles opportunités

Pour les investisseurs positionnés sur les zones tropicales (Dom-Tom, littoraux tropicaux, destinations touristiques chaudes), la loi Climat et Résilience s’inscrit dans un contexte particulier : climat exigeant, forte attractivité touristique, réglementation parfois adaptée localement.

Côté risques :

  • Besoin de confort thermique accru dans des régions où chaleur et humidité sont fortes : mauvaise ventilation, matériaux inadaptés ou climatisation obsolète pénalisent lourdement le DPE.
  • Vieillissement accéléré des matériaux (UV, sel, humidité, vents forts), qui impose une maintenance plus régulière et des choix techniques adaptés à ces environnements.
  • Évolution encore en cours des règles locales en matière de DPE et de décence énergétique, ce qui oblige à rester informé en permanence.

Mais ces mêmes spécificités créent aussi de réelles opportunités :

  • Potentiel énorme de performance énergétique grâce aux atouts naturels : ventilation naturelle (brasseurs d’air, ouvertures traversantes), ombrage, orientation réfléchie, matériaux biosourcés, toitures isolées, brise-soleil…
  • Production d’énergie solaire particulièrement rentable dans les zones très ensoleillées, permettant de réduire fortement la facture électrique et d’améliorer le DPE.
  • Fort attrait touristique : en travaillant l’efficacité énergétique, vous positionnez votre bien comme un hébergement à la fois confortable et responsable, ce qui séduit de plus en plus de voyageurs.
  • Fiscalité souvent avantageuse sur l’investissement immobilier en Outre-mer (sous réserve de respecter les critères des dispositifs en vigueur), ce qui peut aider à absorber une partie du coût des travaux de rénovation énergétique.

Dans ces territoires, l’enjeu n’est pas seulement de rester dans les clous de la loi, mais de concevoir des logements réellement adaptés au climat tropical, capables d’offrir un excellent confort à vos locataires ou à vos voyageurs tout en préservant vos marges.

Stratégies concrètes pour continuer à louer après 2026

Pour faire de la loi Climat et Résilience un levier plutôt qu’un frein, votre stratégie doit intégrer dès maintenant la dimension énergétique, surtout si vous visez les zones touristiques tropicales.

  • Privilégier à l’achat les biens déjà bien classés ou “facilement améliorables”

    Un appartement ou une villa avec une bonne orientation, des murs sains, une toiture accessible, une structure adaptée au climat local coûtera beaucoup moins cher à mettre aux normes qu’un bâti mal conçu.

  • Intégrer le coût des travaux dans votre modèle de rentabilité dès le départ

    Plutôt que de subir les travaux plus tard, intégrez-les dans votre plan d’investissement : achat + rénovation énergétique + optimisation touristique (aménagement, décoration, équipements). Votre cash-flow sera plus réaliste, et votre bien, plus attractif.

  • Penser “expérience locataire” ou “expérience voyageur”

    En zones tropicales, un logement frais, bien ventilé, avec une climatisation optimisée, des protections solaires et une bonne isolation phonique se louera mieux, plus cher, et avec moins de vacance locative. L’optimisation énergétique devient un argument marketing.

  • Choisir des solutions techniques adaptées au climat tropical

    Tous les matériaux ne se valent pas sous 30°C et 80 % d’humidité. Privilégiez les solutions éprouvées localement : menuiseries résistantes, peintures adaptées, protections contre la corrosion, ventilation efficace… Cela renforce la durabilité et limite les mauvaises surprises au DPE.

  • Envisager la diversification des modes d’exploitation

    Location meublée classique, saisonnière, coliving, location de moyenne durée (télétravailleurs, étudiants, soignants, digital nomads)… Un bien performant énergétiquement offre plus de flexibilité pour changer de stratégie d’exploitation en fonction du marché.

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Se faire accompagner pour transformer la contrainte réglementaire en avantage compétitif

Les investisseurs qui réussiront dans ce nouveau paysage seront ceux qui maîtrisent à la fois le marché immobilier local, les spécificités des climats tropicaux et la réglementation énergétique. C’est un triptyque exigeant, difficile à porter seul.

D’où l’intérêt de vous entourer de spécialistes de l’investissement immobilier dans les zones tropicales : diagnostiqueurs, architectes, artisans habitués au climat local, mais aussi conseillers en investissement capables de structurer des opérations rentables malgré les nouvelles normes.

Un accompagnement dédié vous permet de :

  • Identifier les marchés porteurs où la demande locative est solide malgré le durcissement réglementaire.
  • Sélectionner des biens avec un vrai potentiel énergétique (ou de rénovation pertinente) plutôt que des passoires impossibles à rattraper à un coût raisonnable.
  • Monter des plans de travaux intelligents, en priorisant les postes qui améliorent réellement le DPE et le confort de vie.
  • Maximiser la rentabilité globale grâce à une articulation fine entre performance énergétique, fiscalité, financement et stratégie locative (classique ou touristique).

La loi Climat et Résilience ne signe pas la fin de l’investissement locatif, ni des projets dans les zones tropicales. Elle impose simplement une nouvelle façon de penser : plus technique, plus durable, et plus orientée vers la qualité des biens.

En anticipant les échéances de 2025, 2028, 2034 et au-delà, vous pouvez non seulement sécuriser vos revenus locatifs, mais aussi prendre une longueur d’avance sur les investisseurs qui continueront à subir les changements plutôt qu’à les intégrer.

Si vous envisagez d’investir dans l’immobilier dans les zones tropicales ou si vous possédez déjà un bien potentiellement concerné par la loi Climat et Résilience, c’est le moment idéal pour revoir votre stratégie, diagnostiquer votre patrimoine… et passer à l’action tant que vous avez encore le temps de choisir plutôt que de subir.

By Mathias